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Qui est le Saint de Golfeurs Nous trouvons dans l’excellent livre de Paul Mousset, « Physiologie du Golf », une histoire exquise, ici résumée sous forme d’une « digest ». Deux noms, sans doute, sautent à l’esprit : celui du champion de l’effort perpétuellement déçu ; celui du martyr de la souffrance jamais éteinte ! L’Eglise -hélas !- n’a point cru devoir mettre au nombre des Saints, Sisyphe*, non plus que Prométhée ! Après beaucoup d’efforts, les Bollandistes** nous ont enfin livré un Saint dont le prénom seul, abstraction faite de ses édifiants mérites, suffirait à le désigner comme patron rêvé, car la « Chronologie » le connaît sous les vocables de Gandolphus***, Gengulf et même Gengoulf. Retraçons sa vie, brièvement : Rien ne l’ignorait, et tout se répétait, dans ces petites cours de Bourgogne. Averti à chacun de ses retours des débordements de son épouse, le comte Gengoulf ne savait que pardonner. Il incarnait l’indulgence, la douceur et la bonté. A elle seule, semblable patience méritait qu’on eût en lui le patron que l’on souhaite. Or, il advint que peu après la mort du comte, l’amant et sa maîtresse se tenaient à la tombée de la nuit, dans une enceinte du château, près d’une pyramide de boulets destinés à faire triompher les armes royales. Le clerc, que commençait de bourreler sa conscience, écoutait distraitement les propos de sa pernicieuse compagne et pensait qu’une femme est bien envahissante. S’adressant au clerc, ensuite, il déclara : Chaque jour, et sans y manquer jamais, je te condamne à la rouler longuement dans les prés et les bois tout autour du château. Tu ne t’arrêteras point. Personne ne t’aidera, jamais tu ne devras céder à la colère. Si jusqu’à la fin de ta vie, tu as le courage d’observer ces conditions rigoureuses, peut-être ton âme échappera-t-elle aux fourches de Satan ». Dès que la voix de celui qui avait été son maître eut cessé de se faire entendre, le misérable clerc devint un autre homme. Ses yeux s’ouvrirent. Il veilla à ne jamais se plaindre ni récriminer tandis que, jour après jour, il faisait le tour du château en poussant à grande peine l’énorme boulet. La pierre semblait obéir à un démon qui s’ingéniait à l’écarter d’un droit chemin. Mais elle avait beau s’égarer çà et là dans les buissons, le clerc, les lèvres closes, persévérait. Alors, le prieur d’un couvent voisin crut pouvoir intervenir avec discrétion. Il fit peindre en blanc la pierre, pour la rendre plus visible. Il fit enlever par les frères jardiniers les fleurs, buissons, broussailles et quelques arbres encombrant les abords du château. Enfin, lorsque le clerc fut raidi par l’âge, le prieur invoqua Saint Gengoulf et sollicita la permission de donner au pécheur repentant une canne pour pousser devant lui avec moins de fatigue cette petite boule blanche qui désormais accaparait son esprit. Il permit même que dans son trajet quotidien, le clerc fit des stations rapprochées, mais il fixa à dix-huit le nombre de ces pauses, en souvenir des dix-huit fois que le vieillard avait laidement trahi son maître ou, selon les auteurs des dix-huit coups de poignard dont il l’avait percé. Quand la dernière heure du clerc sonna, Saint Gengoulf se manifesta de nouveau, mais pour dire : « Mon fils, grands avaient été tes fautes et ton crime. Mais ta pénitence s’est montrée longue et sévère. Tu as accumulé les mérites en refaisant chaque jour, sans te décourager ni céder à la colère, un parcours semé d’embûches. La miséricorde divine t’est maintenant acquise ». Telle est la légende de Saint Gengoulf. En celui-ci, les golfeurs hésiteront-ils à reconnaître leur patron ? Celui qu’il leur est enfin permis d’évoquer au cours de leurs labeurs, de ces angoissants moments d’incertitude auxquels nul d’entre eux ne saurait échapper ? Mais - qui a des oreilles entendra ; qui veut comprendre, comprendra - le Saint a clairement voulu indiquer aux hommes la canne et la boule, presque invisible sous l’herbe comme d’infaillibles instruments de pénitence et de rachat… à moins que l’erreur de quiconque en mesure n’en fit les agents de sa damnation ». |
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